PRESENTATION

Photo: Pierre Planchenault

     Jeune artiste de la mosaïque contemporaine, Emilie Baudrais est née à Blaye (33) en 1985. Après une licence en arts plastiques à l'Université Michel de Montaigne Bordeaux 3, elle reçut des plus grands maîtres frioulans les secrets de la mosaïque antique et moderne à l'école des mosaïstes du frioul (Scuola Mosaicisti del Friuli). Pendant ces trois années de formation de maître mosaïste à Spilimbergo, elle fut récompensée par l'association Itinéraria pour son oeuvre “Tappetto marocchino” (2009) et la même année elle créa avec six autres jeunes mosaïstes l'association culturelle “Eclektic” pour le développement et la recherche sur la mosaïque contemporaine. En 2010, elle enrichit son expérience avec plusieurs stages de spécialisation comme vitrofusion (à l'école des verriers de Valasske Mezirici en République Tchèque), stage de vitrail (techniques Tiffany et plomb) et stage de pavement à la vénitienne. Ses nombreux voyages à Ravenne, Venise, Florence et Aquileia ainsi que la collaboration aux oeuvres de grands artistes italiens comme Gian Carlo Cazzaniga, Marco Bravura et Giulio Candussio, ont consolidé sa culture sur le patrimoine mussif italien antique et inspiré l'ouverture de nouvelles voies à sa créativité.



En 2010, elle part vivre en Sardaigne où elle propose au public une vision nouvelle de mosaïque contemporaine; un univers fascinant de reflets et matériaux précieux sur lesquels la lumière et la synthèse optique jouent un rôle déterminant. Tesselles de marbres, pierres, smaltes et ors vénitiens, nacre, fossiles, briques et tuiles anciennes, bois précieux, métaux, verres soufflés... sont les composantes d'un monde à part : l'oeuvre en mosaïque; et sont utilisées comme moyen d'expression infini guidant par leur propre nature, texture, matière, rythme et couleur, l'expression de l'artiste.


Selon Emilie, peintre avant de trouver la révélation dans la mosaïque, cette dernière technique, pratiquée avec une grande maîtrise, donne à l'image créée une dimension supplémentaire et supérieure à l'image peinte, vers le concret, vers le toucher... vers une invitation pour les sens grâce à ses vibrations internes. Et c'est ce qu'elle cherche à transmettre aux élèves du cours qu'elle dispense auprès de l'association culturelle “Circolo d'Arti” à Cagliari depuis 2011. Elle précise : “ Un vrai artiste est un magicien. Moi, je ne cherche pas à créer des oeuvres d'art mais je m'éforce de transmettre de la magie universelle, accessible à tous, dans le sens qu'elle n'ait pas besoin d'une tonne d'explications pour être comprise. C'est simplement une expérience sensible. Mon but principal est de changer l'opinion générale sur la mosaïque d'aujourd'hui et de participer à l'élever à la qualité d' “Art” comme moyen d'expression à part entière. Mon inspiration principale vient des formes de la nature et des beautés antiques de tous les types de cultures avec la préoccupation constante d'une intégration harmonieuse dans l'architecture.”


C'est à cette période qu'elle crée le nom de son atelier “Babylon Mosaic” et qu'elle développe une ligne de bijoux en micro-mosaïque, précieux et originaux, visibles avec ses oeuvres sur le site internet www.babylon-mosaic.com.
L'atelier Babylon Mosaic utilise le nom de l'antique cité de Babylone comme référence aux origines plus reculées de la mosaïque mais surtout pour le sens donné à l'esprit de l'atelier: Avant que la construction de la fameuse tour de Babel ne provoque la discorde des dieux, tous les hommes parlaient la même langue. Ainsi l'atelier Babylon Mosaic tente de réunir, autour d'un même langage, d'une même passion, une diversité de personnes, de langues, de religions, de métiers, de techniques vers l'harmonie et le progrès de la mosaïque.


Sur le territoire sarde, elle participe à plus d'une vingtaine d'expositions personnelles et collectives dans des lieux prestigieux mais aussi en pleine rue, revisitant entre autres, à travers ses oeuvres, les motifs traditionnels de la culture sarde. Elle exposa aussi à Udine, à Villa Manin de Passariano et à Nurimberg grâce à des liens d'amitié avec d'autres mosaïstes, qu'elle se tissa au cours des dernières années. En juin 2012, elle remporta le premier prix du public du concours international “l'arte del mosaico” de Nazzano à Rome, avec l'oeuvre “My eye” (2012). En mai 2013, elle revient vivre en France, à Blaye, pour partager son précieux savoir-faire italien avec le public de ses origines et ouvrir l'atelier Babylon Mosaic. 

Elle ouvre en 2014 l'atelier à la citadelle de Blaye où elle créa l'association Carrefour des Arts pour promouvoir l'art et l'artisanat d'art dans le site Unesco de la citadelle. La même année elle exposa l'oeuvre My Eye au Grand Palais à Paris qui fut également utilisé comme couverture du magazine Ateliers d'art. En 2016, c'est l'oeuvre Water Leaf qui fut choisie pour la même exposition. En novembre elle reçut le prix Pélerin du jeune artisan d'art pour son projet d'installation de son nouvel atelier dans la commune de Plassac et la cohérence de son projet de développement culturel du village autour de la thématique de la mosaïque. En 2016, le projet d'installation se concrétisa et les premiers ateliers collectifs commencèrent pour faire de Plassac, déjà fier de ses vestiges gallo-romains, un village-musée, un village de mosaïque! A suivre...